La technique secrète de Formento & Formento pour transformer la photographie cinématographique en art narratif exclusif

Voyage cinématographique : L’univers artistique de Formento & Formento #

BJ et Richeille Formento travaillent à deux sous une seule signature. Elle assure le stylisme et la direction artistique, il assure la lumière et la prise de vue. De cette répartition naissent des images très mises en scène, proches du photogramme de cinéma, réunies en séries longues tournées en Amérique, à Cuba, au Mexique, en Inde et au Japon.
L’essentiel en une minute
Il n’existe aucune « technique secrète » ni procédé exclusif attribuable au duo. Ce qu’ils pratiquent — mise en scène dirigée, casting, stylisme, éclairage travaillé, tonalités désaturées — relève d’un savoir-faire ancien et largement partagé dans la photographie de studio et de plateau. Leur galerie française les rattache d’ailleurs explicitement à une filiation revendiquée, celle de la Pictures Generation. Ce qui leur appartient en propre, c’est une manière de tenir cette grammaire sur la durée d’une série, et une méthode de travail à quatre mains.

Origines et formation du duo Formento & Formento #

Le parcours créatif de BJ Formento et Richeille Formento témoigne d’une complémentarité construite à la croisée de plusieurs continents et disciplines. BJ Formento, né en 1964, naît à Hawaï et grandit aux Philippines. Il étudie ensuite à l’Academy of Arts University of California, puis s’installe à New York en 1999, où il affûte son œil en travaillant auprès de photographes établis — Richard Avedon, Annie Leibovitz et Mary Ellen Mark reviennent dans les biographies publiées par les galeries qui le représentent.

Richeille Formento, née à Londres en 1975, est diplômée avec mention de Central St. Martins College of Art. Elle exerce d’abord dans la mode comme directrice artistique et designer. En 2005, les deux se rencontrent sur un tournage à South Beach, Miami. Ils reconnaissent un coup de foudre et se marient à New York trois mois plus tard.

  • BJ Formento : formation en photographie en Californie, apprentissage new-yorkais auprès de photographes confirmés
  • Richeille Formento : expertise en direction artistique et en design, venue de la mode à Londres
  • Signature visuelle bâtie sur la rencontre du vocabulaire de la mode et de la technique photographique

Leur synergie repose sur une répartition des rôles que les galeries formulent toujours de la même façon : Richeille signe le stylisme et la direction artistique, BJ la lumière et la prise de vue. Cette co-signature permanente aboutit à une esthétique reconnaissable, où chaque image porte la trace de deux décisions superposées plutôt que d’un seul regard.

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Esthétique cinématographique et inspirations visuelles #

L’un des traits les plus commentés du duo tient à sa capacité à transposer les codes du cinéma dans l’image fixe. Rien n’y relève d’un procédé breveté : ce sont des outils classiques — éclairage dirigé, décor, costume, casting, cadrage — employés avec une constance de metteur en scène.

Une lumière de plateau
Sujets éclairés de façon dramatique, tonalités désaturées. La galerie Markowicz Fine Art parle de « scènes cinématographiques désaturées » traversées par la nostalgie, l’amour et le poids du souvenir.
Des références assumées
Pour Circumstance, la peinture et le cinéma américains classiques. Pour Japan Diaries, le cinéma japonais des années 1950, les estampes ukiyo-e et la photographie de Nobuyoshi Araki. Pour la série menée près du mont Fuji, la figure de Hokusai.
Une comparaison, pas une filiation
Le texte de la Galerie Goutal les rapproche de Gregory Crewdson pour la « valeur grand écran » de leurs images, en soulignant qu’ils l’obtiennent en équipe légère, sans budget hollywoodien. C’est une comparaison de galerie, pas une influence qu’ils revendiqueraient eux-mêmes.

La dimension narrative occupe une place centrale. Chaque image fonctionne comme un plan isolé d’un film dont on ignore le scénario : les descriptions publiées par leurs galeries insistent sur le brouillage entre fiction et réalité, clarté et ambiguïté. L’intrigue reste ouverte, l’interprétation revient au spectateur.

Thématiques explorées à travers leurs séries photographiques #

Le travail de Formento & Formento se décline en séries longues, chacune associée à un territoire et à une question. Les ensembles listés par la galerie qui les représente aux Pays-Bas sont les suivants.

2008–2010CircumstanceUn road trip de New York à Los Angeles, à travers vingt-cinq États, à photographier des femmes rencontrées en chemin, souvent recrutées le jour même. Une Amérique en période d’incertitude, dont les figures deviennent héroïnes ou femmes fatales.
2013–Japan DiariesDes tableaux très construits, entre tradition et ultra-modernité, tension et mélancolie. Chaque image se lit comme un photogramme de film noir japonais.
2014She Is CubaArchitecture coloniale en ruine, cinémas et casinos abandonnés, rues de La Havane : le crépuscule d’une époque et l’attente du changement.
2015Strange Fascinations & Another Way of Seeing IndiaAu Mexique, l’accident, la malchance et la survie ; en Inde, le chaos et le calme qui définissent le pays, sur la ligne entre le cinématographique et le réel.
2015–2017HysteriaSérie située dans l’Amérique de l’après-Seconde Guerre mondiale, à l’apogée de sa puissance et déjà au bord du basculement.
2018–2020Spies, Lies and SaboteursUn hommage aux femmes agents du Special Operations Executive pendant la Seconde Guerre mondiale, entre mythe et réalité.

Les lieux y agissent comme des personnages : villes, intérieurs, paysages. Le duo a aussi quitté Tokyo pour la campagne afin de travailler sous le mont Fuji, en construisant, selon ses propres termes publiés par la galerie, un récit ambigu autour de femmes vivant une vie imaginée « au-delà du bord du cadre ». D’autres ensembles — Nostalgia, The Affair, 36, Second Kind of Woman — complètent ce corpus.

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Reconnaissance internationale et expositions majeures #

Le parcours du duo est jalonné d’expositions et de représentations en galerie sur plusieurs continents. Les éléments ci-dessous figurent dans les CV publiés par les galeries qui les représentent.

  • Galeries : ARTITLEDcontemporary (Herpen, Pays-Bas), Galerie Goutal (Aix-en-Provence), Markowicz Fine Art (Miami), ainsi que Fahey Klein Gallery à Los Angeles et Taylor & Graham à New York
  • Expositions personnelles : New York, Miami, Orlando, Los Angeles, Londres et Paris — dont le Musée des Arts décoratifs en 2017
  • Foires : Art Basel Miami Beach, Photo London, Paris Photo, AIPAD, Photo Shanghai, Art Miami, PAN Amsterdam, MIA Photo Fair
  • Collections permanentes : International Center of Photography (New York), Currier Museum (New Hampshire), Boca Raton Museum of Fine Art (Floride), Lewben Museum
  • Distinction : le New Exposure Award de Vogue, pour leur travail avec Bottega Veneta (année non précisée par la source)

À cela s’ajoutent une présence en vente publique chez Bonhams, un livre Circumstance publié par YK, un second ouvrage intitulé Cinematic Chronicles, et un court métrage, The Voyage, sélectionné au Festival de Cannes en 2016 et primé la même année au Blow Up Film Festival.

Impact et héritage de Formento & Formento dans la photographie contemporaine #

L’empreinte du duo tient moins à une invention technique qu’à une position : faire tenir ensemble les langages du cinéma, de la mode et de la photographie d’art, et les déployer sur des séries entières plutôt que sur des images isolées. La Galerie Goutal résume cette position d’une formule : on pourrait les appeler des artistes d’une troisième Pictures Generation, héritiers d’une lignée hybride entre art et mode.

Une méthode transposable
Casting sur place, décors trouvés, équipe réduite, lumière maîtrisée : un protocole reproductible, qui rend la photographie mise en scène accessible hors des grosses productions.
Le format série
Chaque projet s’étale sur deux à quatre ans et se rattache à un territoire. C’est cette durée, plus que le geste technique, qui construit la cohérence de l’ensemble.
Le passage à l’image animée
Le court métrage The Voyage prolonge logiquement une pratique déjà organisée comme un plateau de tournage.

Ce qui se vérifie, et ce qui ne se vérifie pas #

Beaucoup de textes en ligne prêtent au duo une technique propre ou un procédé inédit. Aucune source consultable ne le confirme, et il paraît plus honnête de le dire clairement : ce qu’ils emploient appartient au fonds commun de la photographie mise en scène. Ci-dessous, la répartition entre ce qui est documenté par leurs galeries et ce qui ne l’est pas.

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DocumentéDates et lieux de naissance, formations, rencontre en 2005, répartition des rôles, titres et périodes des séries, galeries représentantes, collections permanentes, court métrage sélectionné à Cannes en 2016.
Non documentéToute idée d’une technique « secrète », propriétaire ou révolutionnaire ; une liste de collectionneurs privés ; des expositions personnelles à Cuba ou au Japon ; une influence directe et revendiquée de tel ou tel cinéaste. En l’absence de source, ces éléments ne sont pas repris ici.

Les informations ci-dessus proviennent des pages consacrées au duo par ARTITLEDcontemporary, la Galerie Goutal et Markowicz Fine Art. Sur les sujets voisins d’art, de design et de culture visuelle, on peut aussi consulter ce magazine en ligne.

À retenir
  • Un duo formé en 2005 : Richeille au stylisme et à la direction artistique, BJ à la lumière et à la prise de vue.
  • Une pratique de photographie mise en scène, sans procédé exclusif ni technique inventée par eux.
  • Des séries longues attachées à un territoire : Amérique, Japon, Cuba, Mexique, Inde.
  • Une reconnaissance institutionnelle réelle : collections permanentes à l’ICP, au Currier Museum, au Boca Raton Museum et au Lewben Museum.
  • Un prolongement vers le film avec The Voyage, sélectionné à Cannes en 2016.

Questions fréquentes #

Formento & Formento ont-ils inventé une technique photographique ?
Aucune source consultable ne leur attribue l’invention d’un procédé. Leur travail repose sur des outils classiques de la photographie mise en scène : direction artistique, stylisme, casting, éclairage dirigé et tirage soigné. Ce qui leur est propre relève du style et de la méthode de travail, pas d’une technique nouvelle.
Qui fait quoi dans le duo ?
La formule est constante dans tous les textes de leurs galeries : Richeille Formento assure le stylisme et la direction artistique, BJ Formento la lumière et la prise de vue. Les images sont signées conjointement.
Quelles sont leurs séries les plus connues ?
« Circumstance » (2008-2010), issue d’un road trip de New York à Los Angeles à travers vingt-cinq États, « Japan Diaries » (depuis 2013), « She Is Cuba » (2014), « Hysteria » (2015-2017) et « Spies, Lies and Saboteurs » (2018-2020).
Où peut-on voir leurs œuvres ?
Ils sont représentés notamment par ARTITLEDcontemporary aux Pays-Bas, la Galerie Goutal à Aix-en-Provence et Markowicz Fine Art à Miami. Leurs tirages figurent dans les collections permanentes de l’International Center of Photography, du Currier Museum, du Boca Raton Museum of Fine Art et du Lewben Museum.
Ont-ils travaillé pour la mode ?
Oui. Richeille Formento vient de la mode, et le duo a reçu le New Exposure Award de Vogue pour un travail mené avec Bottega Veneta. La source qui mentionne cette distinction n’en précise pas l’année.

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